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« Eloigne moi de toi », le cri de l’expo d’Annabel Aoun Blanco

« Eloigne moi de toi », le cri de l’expo d’Annabel Aoun Blanco

Avr 3, 2019

Annabel Aoun Blanco est une jeune artiste, photographe-vidéaste plasticienne qui travaille sur l’interstice entre la vie et la mort, la mémoire et l’oubli, l’apparition / la disparition, le blanc et le noir, le solide et le liquide…
Sujet particulièrement fort qu’elle aborde d’une façon originale et singulière, fondée sur la dynamique de va et vient. Elle fait émerger une notion fondamentale dans son travail : « la boucle » !
L’artiste créé des dispositifs alliant gestes, matières et figure humaine. Les matières utilisées pour rendre plastiquement appréhendable sa recherche, ont un rôle symbolique et viennent s’exprimer en séries successives : l’eau, le lait, le plâtre, le sable, la cendre, le charbon.
Une pratique de gestes codifiés intervient à la manière d’un rituel sur la matière, mais lui laisse un espace de liberté où elle s’exprime aléatoirement. Elle devient ainsi le socle qui permet de faire apparaître et révéler la figure humaine.
L’artiste part de l’analyse et de l’illustration de l’idée platonicienne «le temps est l’image mobile de l’éternité immobile» où «image mobile» renverrait à vidéo et « éternité immobile » à la photographie.
Les modèles vivants deviennent masques puis empreintes. La figure humaine ne devient plus qu’une image dans laquelle toute idée de représentation, objet de séduction de la part du modèle ou de l’artiste, laisse la place à l’acte de représenter. Ainsi le sujet devient objet d’analyse métaphysique.
L’artiste cherche à apporter aux caractéristiques de la photographie celles de «vitesse» et de « distance » propres à la vidéo, et à la vidéo celles de «figé », «d’instantané» et de huis clos propres à la photographie.
Le projet est donc global (photographies et vidéos) ce qui implique des univers similaires entre les deux médiums, avec les mêmes combinaisons de matières, gestes et représentations.
La réalité d’un interstice (spatial et temporel) revient à démontrer une dynamique d’aller-retour entre deux points, la vie (l’apparition) et la mort (la disparition).
Cette dynamique introduit la notion de «boucle», la vie est dans la mort et la mort dans la vie avec un passage entre les deux. L’objectif est de rendre visible plastiquement cet interstice entre la vie et la mort en utilisant les mediums photographiques et vidéos.
Une réflexion particulièrement rigoureuse et cohérente donne ainsi naissance à des oeuvres d’une qualité plastique plus que troublante, chargées d’émotions. Elles appellent à une intimité entre le spectateur et ces « portraits » qui parlent d’éternité.
Commissariat:
Daniel Rouvier, Conservateur en chef et Directeur du musée Réattu
Catalogue:
Un catalogue de 120 pages, 50 illustrations sera édité par Silvana Editoriale. Textes de Robert Pujade, critique et historien de la photographie ; Daniel Rouvier, conservateur en chef et directeur du musée Réattu ; Fiona Sanjabi, directrice de la galerie Agathe Gaillard, Paris.
 
INFORMATIONS PRATIQUES
Musée des beaux-arts
Ancien Grand Prieuré de l’Ordre de Malte
10 rue du Grand Prieuré
13200 Arles
www.museereattu.arles.fr
www.facebook.com/musee.reattuHoraires :
10h-17h du 2 novembre au 28 février
10h-18h du 1er mars au 31 octobre
Ouvert du mardi au dimanche.
Fermé le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.Tarif plein : 8 euros / Réduit : 6 euros / Arlésiens : gratuit
Gratuités et réductions sur justificatifs.

Crédit Photo : Musée Reattu.
Musee reattu

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