Le magazine digital de Béatrice Chakra

Facebook Vu sur La Le club de la presse Marseille Le club de la presse Marseille Strategie.fr presse-club.fr ToutMa les69emes Flair

L’ancien Hôtel-Dieu de Marseille, une reconversion à l’image de la ville par Jean-Philippe Nuel

L’ancien Hôtel-Dieu de Marseille, une reconversion à l’image de la ville par Jean-Philippe Nuel

Juil 4, 2013

UNE BEAUTE MINERALE
Passer la porte d’un lieu conçu par Jean-Philippe Nuel tel que l’ancien Hôtel-Dieu de Marseille réhabilité en hôtel InterContinental, c’est faire l’expérience d’un site en totale adéquation avec son environnement, mais au travers d’un regard particulier.
C’est comprendre que tous les éléments – visibles et invisibles – du décor et de l’architecture d’intérieur sont les notes d’une savante composition, celle de l’atmosphère du lieu. Pénétrer dans cet hôtel, c’est ressentir le coeur de Marseille battre dans chaque élément, aussi infime soit-il, et procurer à chacun de nos sens la sensation d’être en accord avec la ville et ce qu’elle dégage.
L’inspiration de Jean-Philippe Nuel, basée sur la ville de Marseille et la mer Méditerranée, exprime son caractère unique au travers d’évocations subtiles, affirmant son identité sans tomber dans la caricature. Cette architecture d’intérieur découle de l’expression de Marseille, dans un lieu emblématique et chargé d’Histoire.
Le projet d’architecture d’intérieur tend ainsi à mêler le raffinement associé à un établissement hôtelier 5 étoiles et l’identité du lieu où volontairement rien n’est dans l’ostentatoire. L’Hôtel-Dieu historiquement était ouvert à tout le monde, la décoration ne cherche pas à « maquiller » le lieu, rien n’est fait pour le « déguiser » selon les standards des palaces hôtelier du XIXème siècle.

LOBBY
La Méditerranée est sans cesse évoquée par l’expression de la minéralité de la ville et des calanques : dans les sculptures de poissons émaillés ou dans les tapis peignés comme le sable. On peut apprécier également le travail du maître verrier Bernard Pictet pour exprimer le reflet et le scintillement de la mer : des panneaux de verre sculpté placés en perspective de l’entrée sont des fenêtres virtuelles sur la mer permettant l’échappée du regard.
La verrière au plafond qui offre une vue vers la façade de l’Hôtel-Dieu en contre-plongée est le seul élément apporté par l’architecture. Elle fait office d’axe de composition mis en valeur par les colonnes qui structurent et organisent l’espace.
Des vases monumentaux, clin d’oeil aux amphores et spécialement dessinés pour le projet, appuient la composition. L’espace n’est pas historique : pas de hauteur sous plafond, pas de corniches ni de vocabulaire classique, au contraire, on assume le statut de socle du bâtiment creusé dans la colline.
Les tons de pierre et d’ardoises prolongent la gamme de couleurs de la ville en écho à Notre-Dame de la Garde et à la cathédrale de La Major.
Le bar et la brasserie se font face et sont situés dans les parties historiques du bâtiment bénéficiant de ce fait d’une grande hauteur sous plafond. Ce changement d’échelle participe à la richesse du projet.


BRASSERIE LES FENÊTRES
Les codes traditionnels d’une brasserie n’auraient pas suffi : les banquettes, les jeux de verres et de miroirs se placent au centre d’une réinterprétation contemporaine, donnant à l’ensemble un caractère intimiste, tout en jouant sur un contraste unique, caractérisé par la mise en parallèle du mur historique conservé et du mur moderne symbolisé par l’usage du verre.
Le plafond, à l’identique de celui du bar, est encadré de corniches généreuses et peintes en noir. Il est décollé du mur pour flotter dans l’espace. Le vocabulaire classique est ainsi détourné, utilisé avec distanciation pour éviter pastiche et faux-semblants.
BAR LE CAPIAN
L’Histoire y parle au travers de toiles du XVIIe siècle illustrant la baie de Marseille et par l’emploi du bleu pour les sièges, la couleur traditionnelle de la ville. Bar et brasserie sont prolongés par la terrasse bénéficiant d’une vue unique sur le Vieux-Port et Notre-Dame de la Garde.

CHAMBRES & SUITES
La décoration des chambres et des suites placent immédiatement le visiteur dans une ambiance oscillant entre l’Histoire du lieu (baignoire rétro, plaid brodé) et le raffinement de l’espace proposé (salles de bains parfois ouvertes sur la pièce, jeux de miroirs, murs habités sur toute la longueur).
Les chambres se composent ainsi en deux espaces qui se succèdent en transparence : la chambre et la salle de bain. Chaque client a la possibilité de moduler les espaces et donc de s’approprier la chambre selon son propre mode de vie.
La chambre se décline dans des tons pierre anthracite et blanc dans le prolongement du positionnement général de l’hôtel. La tête de lit en cuir blanc évoque les lits anciens dans une réinterprétation contemporaine comme le jeté de lit où le motif brodé est inspiré de la tradition provençale.
La salle de bain, dont certaines s’ouvrent et se ferment par un jeu de persiennes, évoque les façades traditionnelles de la ville. La lumière naturelle peut ainsi pénétrer dans la salle de bain qui s’appréhende comme une pièce à vivre. Le plan vasque en lave émaillée apporte sa texture naturelle tout en jouant avec le motif du carrelage dessiné par Patricia Urquiola. Elle s’est inspirée des tommettes traditionnelles de Barcelone, ville jumelle de Marseille, en utilisant de légers motifs incrustés qui sont comme les traces du temps et les traces d’un artisanat millénaire. La baignoire traditionnelle en fonte émaillée est elle-même comme une trace du passé qui dialogue avec la modernité des aménagements.
Photo d’une chambre avec salle de bain ouverte
Dans certaines chambres, une terrasse vient prolonger le sol du parquet, celle-ci devenant un véritable salon extérieur, bénéficiant d’une vue tout à fait unique sur la ville de Marseille.
Face au lit, le mur est entièrement agencé en bois avec des niches et des placards qui intègrent l’ensemble des fonctionnalités en gommant l’effet placard, tout en créant une profondeur et épaisseur qui donnent à la chambre un caractère unique. C’est le « mur habité ». La niche centrale intègre en particulier un canapé qui confère à la chambre un caractère domestique en rupture avec les chambres d’hôtel traditionnelles. La gamme des bois utilisés se décline autour d’une palette grise qui évoque les bois flottés ou décolorés au soleil.

Jean-Philippe Nuel signe ainsi l’architecture d’intérieur de l’InterContinental Marseille – Hôtel-Dieu au travers d’évocations multiples qui reflètent l’identité de Marseille.
« A l’heure où « trop de déco tue la déco », j’essaie à Marseille comme dans tous mes projets de trouver le mot juste, d’éviter les faux-semblants et le pastiche, le maniérisme ou l’effet immédiat.
Comme en littérature ou en poésie, il faut trouver l’équilibre de la phrase, la justesse du mot pour atteindre une parcelle d’émotion.
Je ne suis pas pour un minimalisme sans âme, je suis en quête de sens et de vérité, cherchant sans doute à prouver que la décoration n’est pas si superficielle mais au contraire une expression vivante ancrée dans son temps. »
Pour le projet de réhabilitation de l’Hôtel-Dieu en Hôtel InterContinental, l’Agence Nuel a conçu l’identité générale du projet et a développé les espaces suivants :
– Lobby
– Bar
– Brasserie
– Spa
– Chambres et suites
Extrait du Communiqué de Presse de « l’Hôtel Dieu » – 30/04/2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *