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Marianne Neri, notre voix d’or

Marianne Neri, notre voix d’or

Déc 23, 2016

Chanteuse dès l’âge de 6 ans, la soprano qui enseigne l’espagnol dans deux collèges de Marseille est une valeur sûre du chant et de l’art lyrique. Portrait d’un immense talent.

 

 

Une rencontre avec Marianne Neri ressemble à une sonate. Allegro, andante, adagio, scherzo. Quatre mouvements pour un être totalement musical. La personnalité de cette soprano évoque spontanément le vibrato. Soit, selon le dictionnaire, « le tremblement rapide d’un son à des fins expressives« . C’est le miracle de l’art lyrique et du chant. Deux disciplines qui prennent partout où Marianne Neri se produit, la couleur du temps, tout en gardant l’esprit d’une composition originelle.

Allegro donc ! Chaleureuse, disponible, cette  cantatrice à la voix d’or a une beauté sereine, visage souriant aux pommettes altières, force et fragilité mêlées. Marianne Neri, c’est la cinquantaine rayonnante, le goût d’une passion partagée , une énergie qui l’anime pour toucher le plus grand nombre.

Sur l’andante des souvenirs, on notera sa naissance sur la Côte Bleue, à la Madrague de Gignac où son grand-père, un immigré italien, s’y était établi dans les années 1950. Plus précisément « dans un petit cabanon, oeuvre de toute une vie pour mon père qui y a travaillé pendant 75 ans« , souligne-t-elle en évoquant les tendres années de son enfance. Loin donc de l’image stéréotypée de la Lola d’Amérique née du bon côté de la vie, celui des privilégiés, de la santé, de la sécurité.

Cependant à Ensuès-la Redonne il y avait des fêtes vénitiennes. « C’est là que j’ai commencé ma carrière de chanteuse à 6 ans« , confie-t-elle,  puis à 13 ans pendant les fêtes d’été de la Madrague. Il est vrai que son père aimait à pousser la canzone, première source d’inspiration. Bon sang ne saurait mentir… Cette belle vocation s’affirma en classe de 6ème, grâce à un professeur qui organisait des rencontres entre ses élèves et des chanteurs d’opéra. D’une émulation jaillit la révélation. Aussi la passion de chanter ne quittera plus la petite Neri.

 

                                                                              L’esthétique du timbre

 

La voici à l’Ecole de Musique de Marseille puis au Conservatoire en chant lyrique où elle obtient la Médaille d’or en chant et art lyrique.  Elle remporte plusieurs concours, attestant partout ses dons innés. La spécificité de sa voix, l’esthétique du timbre lui ouvrent la perspective d’une carrière artistique. Oui, pourquoi ne pas en faire un métier ? C’est un rêve tentant, plein de strass et de paillettes, qui saisit et dévore. Mais Marianne ne se laisse pas griser. Son avenir sera ce qu’elle décidera. Après réflexion, elle s’oriente vers l’enseignement, obtient une licence d’espagnol et devient professeur à 23 ans. Cette carrière se poursuit. Marianne enseigne aujourd’hui dans deux collèges marseillais. « Chanter pour moi était vital mais enseigner eu égard au sacrifice de mes parents était déterminant« , dit-elle consciencieusement.

Comme si elle déroulait un ruban d’images, elle remporte d’autres concours, comme celui d’Henri Sauguet en 1996 ou d’opérettes à Rennes en 2001. Et par les mille liens qui la lient au monde du chant, elle est finaliste du concours Luis Mariano à Irun (Espagne), où les cultures s’entremêlent et où les artistes ne cessent de s’influencer.

L’adagio, mouvement plus lent, convient pour décrire les autres étapes. Formée à l’école du grand soprano lyrique Andrée Esposito, et aux cours de mises en scène du baryton Julien Haas, Marianne Neri révèle l’étendue de son talent. Aussi est-elle époustouflante de réalisme quand elle incarne Didon,  Elsa de Lohengrin ou encore l’Iphigénie de Gluck, donnant à ses personnages une humanité nouvelle sur fond de dramaturgie. Chez les spectateurs bluffés par une telle présence, par une telle aisance, pas de doute : Néri est capable de jouer les rôles les plus larges. Plus besoin de forcer les regards : elle les a tous conquis !

Cependant, de sa belle voix, elle continue de chanter. Et c’est un régal. Les téléspectateurs qui ont suivi l’émission « La France a un incroyable talent » sur M6 ont été ravis de la voir accéder à la finale, face à 10 candidats, se classant à la deuxième place. Son brio aura été d’interpréter un répertoire d’opéra : la Wally, Madame Buterfly et La Tosca. Un tour de force dont elle est légitimement fière. « Cela a changé ma vie et m’a encouragé à poursuivre« . Effectivement. Sa performance lui a permis de rebondir en participant à d’autres événements : « Quartiers en lettres capitales » au Dôme, un concert en solo à Carnoux, où des salves d’applaudissements ont salué sa voix mélodieuse.

On pourrait encore dire d’elle que… Mais à quoi bon ? Vous avez compris : Marianne Neri maîtrise totalement son art. Son talent se déploie dans un cadre si large que sa liberté n’a d’autre limite que les scènes infinies où jouent les rapports de sensations et des images. Suivez-là. Notre voix d’or connue de toute l’Europe n’a pas fini de nous enchanter. Et viva Neri !

 

Béatrice CHAKRA – Tous droits réservés – 23 décembre 2016.

 

Crédit Photo : Marianne Neri.

 

marianne-neri

Un commentaire

  1. Oh que ton article me touche !! Et quelle belle écriture , de la poésie !! Tu as un style remarquable !! Merci pour ce magnifique article .Quel beau cadeau de Noël ! Je t embrasse très fort et te souhaite un doux et joyeux Noël ! Marianne

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