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Maryline Bellieud-Vigouroux : La Mode, vecteur culturel et école de formation

Maryline Bellieud-Vigouroux : La Mode, vecteur culturel et école de formation

Oct 18, 2013

La fondatrice de l’Espace Mode à Marseille répond à nos questions et prend un nouveau départ Rue Fauchier.

 

Daily Blog : La création de l’Espace Mode en 1989, sur la Canebière, a joué comme un révélateur. Sceptiques au début, car leur ville ne s’occupait pas trop de la Mode, les Marseillais ont progressivement adhéré à votre initiative. Pour autant, pouvez-vous nous rappeler l’esprit de votre démarche. Il y avait un risque d’échec, vous l’avez pris. Dites-nous ce qui vous a incité à vous lancer dans cette belle aventure.

Maryline Bellieud-Vigouroux : En 1986, j’étais l’épouse de Robert P. Vigouroux, ancien Maire de Marseille. Dans le cadre de cette fonction, je souhaitais accompagner l’image de la ville autour d’une nouvelle activité mais aussi reconquérir La Canebière. Je pensais à un axe culturel qui débouche sur une économie. Cette confirmation s’est faite à la  suite d’un défilé  organisé dans la cour de la Vieille- Charité. Toutes les jeunes marques du  Cours Julien telle que Zaza Of Marseille, Casablanca… avaient gardé leur identité, leur personnalité pour raconter leur histoire. Le lendemain s’est suivi d’une discussion avec les jeunes créateurs. Ils étaient déjà le nouveau visage de Marseille mais aussi un élément de culture et de dynamisme économique de la Ville. En parallèle, j’ai réalisé la création du Musée de la Mode / Institut de la Mode.

Malgré des réticences régionales, j’ai été encouragée par Edmonde Charles-Roux, Pierre Bergé, Azzedine Alaïa, Christian Lacroix, Jean Mouclier (Président délégué de la fédération française de la couture et du prêt- à-porter). Tous m’ont apporté leur soutien et donc la faisabilité de mon projet…

La famille Rodrigues – Ely à offert des collections Chanel ; Azzedine Alaïa  100 pièces emblématiques issues de ses collections et ainsi de suite : ce fut le premier fonds patrimonial du Musée de la Mode.

La belle aventure  qui a pris forme en 1993 a duré jusqu’en 2013. Au total, 20 années passées sur La Canebière.

DB : Sans vos relations et le soutien de certains grands couturiers parisiens, auriez-vous réussi à être la « locomotive » de l’industrie textile à Marseille et dans sa région ?

MBV : J’ai d’abord obtenu reconnaissance à Paris, puis par la suite à Marseille. Grâce au Président François Mitterrand, j’ai pu rencontrer le Ministre de la Culture et de la Communication Jack Lang. L’Espace Mode Méditerranée a été rendu possible grâce au financement  de 40% de l’Etat,  20% de la Région PACA présidée par Jean-Claude Gaudin, 20% du Département et 20% de la Ville de Marseille.  Au total : 57 millions de francs perçus en 1991 par la Ville de Marseille au travers de ma fonction de Présidente de l’Institut Mode Méditerranée pour une inauguration du lieu en 1993.

DB : En réunissant une collection de 6 000 costumes et accessoires des années 1920 à nos jours, en jouant la carte de la formation et en créant un Musée, avez-vous le sentiment d’avoir hissé Marseille en un Pôle européen de la Mode ?

MBV : Marseille doit beaucoup à l’Institut Mode Méditerranée pour l’enrichissement de son patrimoine grâce à des donations et des achats réalisés sur des fonds privés. Régulièrement les costumes sont exposés dans les Musées Internationaux.

Si la Mode est liée à la culture et aux musées, elle s’appuie aussi sur  les besoins de formations.

Nous avons mis en place en 2005, en partenariat avec Aix-Marseille Université, une licence professionnelle « Gestion et Développement des produits de la mode«  à Aix-en-Provence. Un succès fulgurant, dès l’ouverture 120 demandes d’inscription qui se confirme aujourd’hui par les 700 candidatures reçues en 2013 pour les 25 places de la Licence.

Depuis le 3 octobre 2011, le Master « Métiers de la Mode et du textile 1 » accueille 20 étudiants internationaux. Le Master 2 a ouvert quant à lui une année plus tard, en octobre 2012. La formation continue est en cours de mise en place, elle est dispensée dans le nouvel Espace Mode Méditerranée où se trouve également l’école IICC-Mode et ses 20 étudiants en master « stylisme et création ».

Les élèves peuvent  forts de leur diplôme travailler à Marseille ou à l’International. Ces synergies créent  des partenariats gagnant-gagnant et une culture partagée.

 

DB :On ne peut nier que vous avez aussi suscité des concurrents. J’ai lu que votre structure est aujourd’hui tenue à l’écart du groupement de certains professionnels. Et que les collectivités locales elles-mêmes qui vous soutenaient,  se sont plus ou moins dissociées. Comment évoluez-vous dans ce contexte ?

MBV : Il y a un temps pour tout. C’est une très bonne initiative  que l’Office de Tourisme soit installé dans l’immeuble appartenant à la Ville sur la Canebière.

Le Musée de la Mode a une nouvelle adresse « le Musée Borély ».

DB : La rue Fauchier est donc un nouveau départ.  Comment allez-vous animer cette nouvelle adresse ? 

MBV : l’Espace Mode Méditerranée –rue Fauchier- est la nouvelle vitrine de la profession qui a été séduite à la fois par sa nouvelle adresse en plein quartier économique et culturel et par son architecture industrielle qui offre de multiples possibilités. La M Galerie accueillera des expositions liées à la culture et à l’économie des jeunes designer, des showrooms,  des conférences ouvertes au public.

 

Propos recueillis par Béatrice CHAKRA.

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